CHILI : le pays interpelle le Vatican sur la pédophilie

[16 novembre 2015] - La Cour suprême chilienne a demandé au Vatican de lui remettre tous les documents qui ont permis au pape François d'affirmer l'innocence d'un évêque chilien soupçonné d'avoir fermé les yeux sur des abus sexuels sur des enfants commis par un prêtre pendant plusieurs décennies. De nombreux responsables politiques chiliens, paroissiens et victimes de ces abus estiment que l'évêque Juan Barros a protégé le père Fernando Karadima, condamné en 2011 par le Vatican à «une vie de prière et de pénitence» pour avoir abusé d'enfants à partir des années 1950.

Le prêtre a échappé à une condamnation de la justice pénale de son pays, les faits étant prescrits lorsqu'ils ont été établis. Âgé aujourd'hui de 85 ans, il est poursuivi au civil par trois de ses victimes présumées et Mgr Barros devrait témoigner à son procès vendredi prochain. En mars dernier, le pape François a nommé Mgr Barros, 59 ans, évêque d'Orsono, une petite ville du centre du Chili, ce qui a provoqué des manifestations jusque dans la capitale, Santiago.

Le souverain pontife a justifié son choix par le fait que les accusations contre l'évêque étaient, selon lui, infondées. Il a aussi déclaré à un groupe de Chiliens visitant Saint-Pierre de Rome que l'évêque était victime d'un coup monté. François n'a pas expliqué ce qui lui permettait de parvenir à cette conclusion, d'où l'initiative inhabituelle de la Cour suprême chilienne de demander au Vatican de lui remettre «une copie complète et exacte de tous les éléments en rapport avec l'enquête». 

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