Un CRINMAIL Spécial: La crise financière et les droits de l’enfant

Vingt Grandes Puissances Mondiales se sont rencontrées en novembre dernier afin de discuter de ce qui est communément appelé “ la Crise Financière Mondiale”. Mais qu’est ce que cette crise? Qui est conserné? Et que signifie-t-elle pour les enfants? Ce CRINMAIL a pour but de guider les lecteurs à travers le labyrinthe des commentaires et de la fanfare médiatique sur le sujet, et d’apprécier quelles pourraient en être les implications pour les enfants.

Le point sur cette crise:

La crise financière de 2008 est annoncée comme la plus grave de son espèce depuis la Grande Dépression des années 30 et 40. Elle a commencé, ou du moins s’est manifestée pour la première fois, aux Etats Unis en septembre de cette année, avec l’échec, la fusion ou le conservatorship (un terme légale aux Etats Unis ayant une signification semblable à la nationalisation) de plusieurs grandes sociétés financières basées aux Etats Unis.

Ayant commencé par la fahite des Grandes Institutions Financières aux Etats Unis, elle a très vite évoluée en une crise globale, à l’origine d’un certain nombre de fahites bancaires europénnes, d’une baisse de divers indexs de valeurs et d’une grande réduction de la valeur marchande d’actions et de matières premières (comme par exemple le riz, le sucre etc), et ce, dans le monde entier. La crise a crée une instabilité dans les Institutions Financières en particulier aux Etats Unis et en Europe.

Le Fonds Monétaire International (le FMI) prévoit un ralentissement de la Croissance Mondiale de 1,5 pourcent, passant de 3,7 pourcent en 2008 à 2,2 pourcent en 2009. Alors que les populations des économies développées risquent de sentir le léger pincement d’une récession, des millions d’autres dans les Pays en Voie de Développement, souffrant déjà profondément de la pauvreté, pourraient ressentir, d'une façon disproportionnée, les impacts du déclin économique.

Avec le glissement de nombreux pays dans la récession, beaucoup mettent en doute le travail du Systéme Financier International qui a autorisé certaines prises de risques excessives, et pour finir a mis en danger les finances, les pensions et les foyés des gens ordinaires.

Les causes:

La crise financière prend racines aux Etats Unis notamment dans le développement excessif de la construction immobilière et des demandes de crédits pour accéder à la propriété immobilière, mais ses conséquences économiques se sont largement étendues au-delà des rivages américains. Pour preuve, le Japon est maintenant dans la récession. La baisse des exportations en est l’une des raisons, mais elle n’en est pas la seule puisque la demande des consommateurs au niveau nationale s’est également affaiblie. Quelques pays européens ont leurs propres programmes de logement et leurs propres barrières aux crédits qui vont maintenant permettre d’inverser la tendance. La Grande-Bretagne, mais aussi l'Espagne et l'Irlande, vont probablement ainsi réussir à faire face à la récession ou y ont déjà fait face.

Beaucoup de pays du Centre et de l'Europe de l'Est ont eu ce genre de barrières qui les font maintenant entrer dans un dynamique inverse – c’est le cas des Républiques Baltiques : de l'Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie par exemple.

Les Pays:

Dans certains pays, des Banques et certaines activités économiques ont engendrés de lourds emprunts en devises étrangères. Avec la baisse de la valeur de la monnaie de ces pays, le fardeau de leurs dettes étrangères s’est accru ce qui peut leur créer des difficultés de remboursement.

C’est la raison pour laquelle la Hongrie est aujourd’hui en difficultés.

En effet, il y a une file d'attente de pays cherchant à négocier avec le Fonds Monétaire International (le FMI), dans le but d’obtenir des prêts de secours. La Hongrie, l'Islande, l'Ukraine, la Biélorussie et le Pakistan, tous sont en discussion avec le FMI.

Tous ces pays ont leurs propres problèmes intérieurs, incluant celui de la croissance des crédits rapides, des emprunts à l’étranger et des déficits dans leur balance internationale des paiements.

Mais c’est la Crise Internationale qui les préoccupe.

Les Pays en Voie de Développement ont, à tous les niveaux, été affectés par des Fonds d'Investissements Internationaux qui ont vendu des actions et des obligations afin de rapporter leur argent “à la maison” pour investir dans la sécurité qu’offre des actifs tels que la dette Gouvernementale Américaine.

Les Etats Unis ont beau être un débiteur beaucoup plus grand que n'importe quel Pays en Voie de Développement, on le voit toujours comme ne présentant aucun risque d’un éventuel échec dans le remboursement.

D’autres ont été affectés par la chute des prix des matières premières qu’ils exportent, par exemple le Brésil pour le soja, ou la Russie pour le pétrole.

Est ce aussi une récession pour les Pays en Voie de Développement?

Les marchés financiers des Pays en Voie de Développement ont été frappés très durement par cette crise qui n’a pas commencé chez eux ; cette crise les entraînera-t-elle aussi dans une récession ?

C’est possible, et il est même fort probable que la majorité d’entre eux risque d’éprouver un ralentissement de leur croissance économique.

Mais la plupart sont dans une meilleure forme qu’ils ne l’étaient lors de la vague de crises financières des Pays Développés dans les années 1990 et le début de cette décennie.

Qu’en est il globalement à propos de cette crise?

Le G20 qui s’est réuni le week-end dernier, a fait se rencontrer les Leaders des Grandes Puissances Industrielles comme les Etats Unis, le Japon, l'Allemagne mais aussi des Pays des Marchés Emergeants comme la Chine, l'Inde, l'Argentine, le Brésil et d'autres - représentant 85 pourcent de l'Economie Mondiale.

Cependant, Oxfam International a fait remarquer qu’un grand nombre des Pays les plus pauvres et les plus vulnérables du Monde n'ont pas été conviés à ce sommet, alors qu’ils étaient probablement ceux qui souffraient le plus de ce ralentissement de l'Economie Mondiale.

“Plus de deux milliards de personnes n'ont pas été représentées à ce sommet pourtant il est crutial que leurs voix et leurs contributions fassent partie de la solution apportée à la crise actuelle," s’est exprimé Gawain Kripke, le porte-parole d’Oxfam International. Le groupe soulève que le plan d'action consenti par le G20, en réaffirmant les engagements pris afin de réaliser les objectifs de développement du Millénaire, n'a pas inclus de mesures spécifiques pour assurer leur participation.

En attendant, l'Union Africaine (UA) a demandé que l'Afrique soit consultée sur n'importe quelle réforme du Système Financier Mondial.

"Notre problème est que les gens ont tendance à prendre des décisions à notre place, sans nous consulter, et nous les imposent ensuite," a expliqué Jean Ping, le Président de la Commission d'UA.

"L'Afrique exige d'être entendue," a-t-il ajouté.

La rencontre a appelé "à une réponse politique globale", insistant sur le rôle de la politique fiscale, comme sur celui des réductions d'impôts, indispensables à la reprise de la Croissance Economique. Le G20 a promis de faire des progrès avant le deuxième sommet en avril.

Le Secrétaire Général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, s’exprimant avant le sommet, exhortait les Leaders Mondiaux de faire rapidement tout ce qui était en leur pouvoir pour soulager de l'impact de la crise actuelle les populations les plus pauvres du Monde.

Ban expliquait qu'il voudrait dire aux Leaders Mondiaux que les milliards de dollars dépensés pour atténuer la crise financière sont déjà "énormément plus" que les sommes qu’ils allouent à l'Aide Internationale. Ainsi "c'est clairement une question de volonté" a déclaré le Secrétaire Général.

"Je vais surtout me concentrer sur la manière de protéger au mieux les intérêts et le bien-être des Pays en Voie de Développement de l'impact de la crise financière."

Les problèmes-clés débattus par les Leaders Mondiaux lors de ce sommet incluaient :

- la réforme d'Institutions Financières Internationales comme la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International
- un accord prévu pour fin 2008, devant permettre d’améliorer les accords mondiaux de libre-échange
- améliorer la transparence financière du marché et assurer la communication complète et précise par les sociétés de leurs conditions financières
- s’assurer que les Banques et les Institutions Financières sont déterminées à “empécher la prise de risques excessive”
- demander au Ministre des Finances de constituer une liste des Institutions Financières dont l’effondrement mettrait en danger le Système Economique Mondial.

Le Directeur Général du Fonds Monétaire International, Dominique Strauss-Kahn, a expliqué à la B.B.C. (British Broadcasting Corporation) que les ressources du FMI étaient tiraillées de toutes parts par la crise financière mondiale. Il a fait savoir qu'il allait probablement avoir besoin d’au moins $100bn (£ 68bn) de financement supplémentaire pour les six prochains mois.

Il a aussi appelé les pays à poursuivre les diminutions des taux d'intérêt, partout où cela est possible, à contribuer à atténuer la crise, et il a ajouté qu'il prévoyait que la Banque Centrale Européenne avait les moyens de faire une autre diminution de taux.

Que ce que cela signifie pour des enfants ?

Pauvreté et droits:

La perspective de récession a un impact à travers le spectre des Droits de l'Enfant. En 1984, pendant la Récession Mondiale du début des années 80, une étude de l'UNICEF a constaté que ce sont les enfants des familles les plus pauvres qui ont le plus souffert de la récession.

Elle a été conduite au Brésil, au Chili, à Cuba, au Costa Rica, en Inde, au Nigeria, en Corée du Sud, au Sri Lanka, en Tanzanie et en Zambie. Certaines parties des Etats-Unis et de l'Italie y ont été incluses. L'étude a révélé que "dans la plupart des pays faisant l’objet de l’étude et sur lesquels il y existe des données, le nombre de personnes et d’enfants vivant au-dessous du seuil de pauvreté présente une tendance ascendante."

Elle a révélé que l'impact de la récession a été détectée dans de nombreux secteurs de protection de l'enfance. Elle a exprimé ses inquiétudes quant à l’affaiblissement des efforts fournis pour baisser le taux de mortalité infantile du à la réduction des dépenses sociales. Par exemple, les dépenses réelles de 1982, au Chili destinées aux Programmes Sociaux ont été estimées moins importantes que ce qu’elles étaient en 1974.

Aux Etats-Unis, l'étude a livré que, quelques localités ont éprouvé une augmentation du taux de mortalité infantile durant ces trois dernières années.

L'étude a aussi indiqué qu'au Brésil et dans quelques parties des Etats-Unis, le nombre de nouveaux nés d'un poids insuffisant augmente. Un nouveau né d'un poids insuffisant est défini comme un enfant ayant un poids inférieur à 5,5 livres (in Kg ?)

Les arguments de ces Droits:

Thomas Hammarberg, le Commissaire en charge des Droits de l'Homme au Conseil de l'Europe, soutient que : "l’accroissement du chômage fera peser un nouveau fardeau sur les budgets des Etats et il y aura moins de place pour l'Aide Sociale dans une période où les besoins se feront inévitablement plus grands . Cela va probablement causer des tensions et peut-être même des troubles sociaux.

Il existe un risque de voir la xénophobie et d'autres intolérances se répendre et faire des minorités et des migrants leurs cibles. Les extrémistes pourraient chercher à exploiter et provoquer de telles tendances. "

M. Hammarberg a attiré l’attention sur le fait que des Droits Economiques et Sociaux, comme le Droit de la Sécurité Sociale, le Droit à un niveau de vie convenable, le Droit d’Accès à l’alimentation, le Droit à l’Education, le Droit au Logement, le Droit à la Santé, le Droit au Travail, et le Droit au Repos et aux Loisirs, ne doivent pas être négligés pendant ces temps de privations économiques.

Il conclut ainsi : les Droits Economiques et Sociaux n'ont pas été définis dans le vide; ils sont basés sur l'expérience des crises passées et sur la prise de conscience qu’ignorer la justice sociale coute très cher. Ils peuvent aussi servir de principes directeurs très utiles pour les décideurs politiques dans des temps où des choix difficiles se profilent.

Lire la fin du point de vu de Mr Hammarberg ici

Dans un nouvel article, Radhika Balakrishnan, Professeur d'Économie et des Études Internationales au Manhattan Marymount College, aux Etats-Unis et Diane Elson, Professeur d'Économie et de Sociologie, au Centre des Droits de l'Homme, à l’Université de l'Essex, insistent sur le fait que : "le Système des Lois Internationales des Droits de l'Homme fournit une structure par laquelle les Gouvernements peuvent être tenus pour responsables dans des cas où ils se déchargeraient de leurs obligations.”

Le Gouvernement Américain a été complice de l'apparition de la crise financière. Il a dérégulé le secteur financier, échouant à fournir aux Américains une protection convenable contre les violations de leurs Droits de l'Homme par les Institutions Financières. Il a échoué à protéger des Américains qui avaient besoin d'actifs sûrs pour atteindre un niveau de vie convenable au moment de leur retraite et d’une bonne qualité des hypothèques accessibles pour leur permettre d’accéder à la propriété immobilière.

Les experts pensent que l’approche des Droits de l'Homme aide à développer un point de vue toléré sur la pauvreté, pour que les personnes souffrant de la pauvreté ne soient pas blâmées d'être pauvres, ou pour fournir de l'aide à des œuvres caritatives.

Pour plus d’informations voir le Guide des Nations Unies: Réduction de la Pauvreté et Droits de l’Homme: une Note Pratique (anglais)

Pour des exemples d’affaires légales où les Droits Economiques et Sociaux ont été plaidés avec succès, visitez le site http://www.escr.net/

Le Droit au Logement:

Le Centre sur le Droit au Logement et les Expulsions (COHRE) pense que dénoncer les violations du Droit au Logement, tant chroniques qu'aiguës, subies par des millions d'enfants à travers le Monde, est le meilleur moyen d’assurer leur sécurité à long terme et leur bien-être. Plus d’un enfant sur trois, soit environ 640 millions d'enfants, ne vivent pas dans un logement convenable.

COHRE a publié un article dans la presse sur la Journée Mondiale de l’Habitat (le 6 octobre) indiquant que la demande insatisfaite de logements convenables a fourni aux prédateurs proposant des pratiques de prêt leurs principales victimes , ce qui a notamment mené à la crise. Cet article explique que : "la réalisation du Droit au Logement pour la majorité pauvre du monde ne doit pas maintenant être sacrifiée au nom des efforts fournis aux fins du rétablissement de l’Economie Internationale".

Lisez toute la suite de l’article, qui explique l'impact dévastateur des expulsions obligatoires et le déni du Droit au Logement, dans des pays comme les Etats Unis, la Chine (pendant les Jeux olympiques) et le Cambodge, ici (anglais)

Comme le défaut de remboursement de son hypothèque pour un propriétaire, l'effet de reprise de possession sur les enfants devient une question cruciale.

Les Violences:

En Floride, aux Etats-Unis, des rapports ont déjà relaté de violences dont ont été victimes des enfants en raison de la pression financière. "Durant les trois derniers mois , j'ai vu de plus en plus de cas dans lesquels des enfants ont été malmenés," a expliqué Susan Sherman, une puéricultrice. "Pas parce que leurs parents sont de mauvais parents, mais parce que ceux-ci se trouvent, malgré eux, dans une terrible situation financière ."

En Australie, l’augmentation des violences familiales a été attribuée à la situation économique.

Un rapport du Parlement Européen sur “La promotion de l’insertion et la lutte contre la pauvreté, y compris celle des enfants, dans l'Union Européenne" (INI-COM (2007) 0620), contenait un grand nombre de dispositions sur la relation qui pouvait exister entre la pauvreté des enfants et la maltraitance des enfants.

L’inscription et l’assistance a chuté à un niveau secondaire onéreux, et l’inscription des familles les plus pauvres peut aussi chuter au niveau primaire.

Il y a déjà des cas, par exemple aux Etats Unis, où les budgets de l’éducation sembleraient être affectés par la crise financière. Le Congrès devait déjà se débattre avec une somme évaluée à 700 milliards de dollars destinée à un plan d’aide dans le secteur financier quand soudainement quelques avocats se sont inquiétés qu'une si énorme dépense non planifiée puisse restreindre les dépenses intérieures pendant une longue période .

La santé:

Les régimes alimentaires des petits budgets sont moins diversifiés et contiennent moins de microsubstances nutritives, ils augmentent le risque de causer des retards de développement; si les familles ne peuvent pas se permettre de s’acheter une alimentation contenant un nombre suffisant de calories (sans parler de produits alimentaires diversifiés) la malnutrition aigue et la famine deviennent des possibilités, bien que ce soient des cas extrêmes.

Un nombre plus restreint de personnes peuvent s’offrir les traitements nécessaires lorsque les services de santé ne sont pas gratuits et lorsque les coûts indirects (le transport, etc) sont significatifs.

En Russie, les experts ont conseillé aux parents de résister à la tentation d'acheter des jouets bon marchés à leurs enfants pendant la privation économique.

Des tests de sécurité sur un échantillon de jouets, choisis de manière aléatoire, achetés sur des marchés à travers la Russie, et en particulier ceux importés de Chine qui composent actuellement une majorité du marché du jouet russe (70 pourcent de la valeur totale); ont demontré qu’un cinquième de ces jouets causait des risques pour la santé des enfants. Presque tous ces jouets dangereux venaient de marchés en plein air, et de sorties non répertoriées, et non autorisées.

La santé mentale:

L’œuvre de charité du Royaume Unis Rethink a averti que la crise financière aurait probablement des implications sévères sur la santé mentale des personnes, avec la reprise de possession immobilière qui est un des facteurs de risque clefs.

L’Association des Sociétés d'Aide à l’Enfance (OACAS) de l’Ontario au Canada a averti qu'un tiers des enfants demandant des services de santé mentale en 2007 attendaient toujours à la fin de l'année. “Malgré l'environnement économique actuel, nous devons rester engagés afin d’assurer un avenir prospère à nos enfants, " a expliqué le Directeur Executif , Jeanette Lewis.

Le psychologue pour enfant, Michele C. Thorne, professeur adjoint de psychologie clinique à l'École de Médecine de l’Université de l'Indiana, aux Etats-Unis, pense que les parents devraient reconnaître que des bébés, même nouveau-nés, reprennent les différentes formes émotionnelles du stress des adultes. Elle a expliqué que les enfants, peut importe leur age, et y compris les adolescents, ont besoin d’être rassurés sur le fait qu’ils sont en sécurité et ne se soucieront pas de l’état de la famille.

Le travail des enfants:

Une alternative à la réduction des dépenses est de tenter d’augmenter ses revenus, ce qui peut pousser les plus pauvres en quête de revenus à avoir recours à des moyens dangereux ou à se faire exploiter: par exemple en arrêtant de scolariser les enfants afin qu’ils commencent à travailler, ou en s’engageant dans le sexe transactionnel.

Par exemple un rapport sur la récession économique de 1999 en Colombie a soulevé le fait que “La crise économique de la fin des années quatre-vingt-dix a eu un impacte sur le travail des enfants et leur scolarisation en favorisant très largement leur mise au travail et en provoquant une légère diminution de leur scolarisation.”

Le Développement International:

“Les efforts menés afin de supprimer la pauvreté mondiale se sont vus menacés par la crise financière oppressant les gouvernements.” a déclaré le Secrétaire International au Développement du Royaume Unis, Monsieur Douglas Alexandre.

Monsieur Douglas Alexandre a attiré l’attention sur le fait que certains Pays en Voie de Développement risquent de se voir oublier au milieu des troubles des marchés des capitaux.

S’exprimant lors de la Réunion Générale Annuelle de la Banque Mondiale, Monsieur Alexandre a expliqué que les effets du resserrement de crédit commençaient à se faire ressentir sur des économies émergeantes et à ralentir la Croissance Economique.

Rica Garde, employée en charge de la Politique Economique à Save the Children au Royaume Unis, soutient que ce sont les pays les plus pauvres, dépendant des aides, qui vont probablement être le plus durement touchés par la crise. Les rapports montrent que les Economies Riches réduisent leurs aides pendant les périodes de récessions, ce qui est arrivé dans les Pays Nordiques en 1991 et au Japon en 1997.

Beaucoup craignent que les aides budgétaires ne soient pas la priorité des Pays Donnateurs qui essayent davantage de réduire le coup de la recession sur leur population. Ces temps sont crutiaux en matière de développement.

La Banque Mondiale a attiré l’attention sur l’impacte que va avoir la convergeance des crises alimentaire et financière dans les Pays en Voie de Développement. Selon les estimations de la Banque, la crise alimentaire va faire sombrer 105 millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté et 44 millions d’individus de plus dans la malnutrition. Malgré les récentes baisses des prix des denrées alimentaires, ils restent suppérieurs à leur niveau de 2005 et des millions d’individus ont toujours besoin de soutien. "Il est impensable d’arrêter les aides car il est impensable de supprimer la bouée de sauvetage des personnes les plus pauvres du monde", conclut l'Organisation.

Parmi d'autres mesures, Save the Children appelle à:

- La réforme du Système Financier Mondial pour un qui soit davantage responsable. Cela inclut la surveillance plus stricte des secteurs bancaires et financiers pour améliorer la transparence, la responsabilisation et permettre aux régulateurs de détecter tôt les signes de stress. À une plus large échelle, les pratiques financières transfrontalières qui heurtent les Pays en Voie de Développement doivent être reformées. Par exemple, il est important de restreindre les niches fiscales et l'évasion fiscales qui privent des revenus fiscaux légitimes les gouvernements des Pays en Voie de Développement.

- La réforme du rôle et la direction des Institutions de Bois Bretton. Cette crise a favorisé l’émergeance de demandes pour la mise en place d’une Conférence de Bois Bretton II pour mettre un terme aux incohérences qui existent entre la Banque Mondiale et le FMI. Cette conférence devrait suivre un processus démocratique où tous les pays, tant riches que pauvres, seraient sur un pied d’égalité et pourront s’accorder sur le genre et la forme des réformes à faire. Le FMI devrait se concentrer sur la surveillance de la Macroéconomie Mondiale et garder la main mise sur le développement des prêts. Sur cette note, la Banque mondiale devrait s’intéresser aux manières d’améliorer les strategies existantes de réduction de la pauvreté. La Banque devrait approfondir les programmes de développement qui augmentent le domaine des Gouvernements de Pays en Voie de Développement et leur responsabilisation. Plus important encore, ces Institutions devront être faites plus démocratiques, transparentes et responsables pour tous les membres et les Pays de Donateurs.

- Un Système de Commerce Mondial qui promeut en l’occurence le développement durable. L'Economie Mondiale devrait reconnaître le besoin d’un vrai système de commerce gratuit et équitable. Au même titre que le libre accès aux marchés des pays riches est nécessaire, il est important que les Pays en Voie de Développement puissent s'engager davantage dans le Système du Commerce Mondial comme le commerce est une voie permettant d’acceder au développement.

La décision “Doha Round” n’est que la première étape de cette réforme. Les étapes les plus cruciales sont la construction d'infrastructures, la création de moyens afin d’accéder aux standards internationaux et la simplification des critères d'origine pour améliorer les échanges commerciaux dans les Pays en Voie de Développement. Le Système Commercial devrait considérer les impacts de l’activité économique sur l'environnement et s’efforcer, de façon multilatérale, de les atténuer. Préserver l'environnement est une affaire publique mondiale; à partir de ce constat l'Economie Mondiale devrait mettre en place des moyens pour financer l'énergie durable et des modes de production moins pollutants.

 

 

Pays

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